Une invasion ratée
À partir de cette époque, le village de French Mills connaît une croissance fulgurante. Juste avant la guerre de 1812‑1814, lors de la tentative d’invasion américaine, on y retrouve déjà plusieurs commerces : magasins généraux, tannerie, chapellerie, forge, distilleries et autres établissements essentiels à la vie quotidienne des colons.
On y recense également au moins sept hôtels ou auberges : le Stutson Hotel, le Biggs House, l’American Hotel, le Northern Hotel, le Terman House et le Spencer Tavern. À cet égard, John B. Taillon (Tyo), fraîchement arrivé de Glengarry en Ontario, devient propriétaire du Spencer Tavern.
Durant la guerre de 1812‑1814, French Mills devient un poste militaire stratégique pour préparer une invasion du Bas‑Canada et du Haut‑Canada. L’objectif du bataillon américain est de prendre le contrôle des rives de la vallée du Saint‑Laurent afin de marcher éventuellement vers Montréal. Au même moment, d’autres bataillons américains remontent les rivières Châteauguay et
Richelieu dans le même but. Heureusement pour nous, cette tentative d’invasion se soldera par un échec retentissant.
Le bataillon basé à French Mills est composé de cinq compagnies. Les soldats sont logés chez l’habitant, tandis que les hôtels servent d’hôpitaux durant le conflit.
Nous connaissons l’issue générale de cette tentative d’invasion, mais deux affrontements régionaux marquent particulièrement notre territoire
En 1812, le major Young tente de prendre la position stratégique de Saint‑Régis, du côté canadien. Les soldats britanniques, appuyés par les Mohawks « canadiens », défendent leur position tant bien que mal, mais doivent temporairement battre en retraite. Quatre soldats britanniques sont tués et quarante autres faits prisonniers. Ils sont ensuite détenus à French Mills. Il est important de rappeler qu’à l’époque, les Mohawks du côté canadien appuient les Britanniques, tandis que leurs frères du côté américain soutiennent les troupes des États‑Unis.
L’autre affrontement majeur se déroule à l’automne 1813, sur le site de Crysler’s Farm, près de Glengarry en Ontario. Les Britanniques, pourtant beaucoup moins nombreux, infligent une défaite décisive à l’armée américaine qui descendait le fleuve Saint‑Laurent vers Montréal. Cette bataille, tout comme celle de la Châteauguay, marque un tournant important dans la guerre.
Retenons également que le brigadier‑général américain Leonard Covington y est mortellement blessé et décède à French Mills. Quatre ans plus tard, French Mills adoptera officiellement le nom de Fort Covington en son honneur.


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